Epoux suspicieux

Toute violation aux obligations du mariage implique des conséquences sur la vie conjugale mais surtout sur les droits de l’époux fautif. La fidélité fait partie des devoirs des conjoints pendant le mariage. Mais quand l’adultère s’immisce dans la vie conjugale, l’époux victime a la possibilité de demander un divorce pour faute. À condition que l’infidélité du conjoint soit prouvée devant le juge, lequel a le droit de refuser. L’intuition, la certitude voire le sentiment que l’on est trompé, ne suffisent pas à prouver un adultère !

À quel moment l’adultère est-il commis par mon conjoint ? 

Le mariage implique le devoir de fidélité. Cette obligation découle de l’article 212 du Code civil. Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance. Malgré ce devoir, une ou plusieurs fautes peuvent survenir dans le cadre d’un mariage. L’adultère en fait partie. 

Cette faute est reconnue par le juge qu’elle soit physique ou morale. Ainsi, si votre conjoint échange des commentaires ou des photos compromettantes agrémentées de mots explicites ou douteux à quelqu’un d’autre, il est en tort. Ces simples comportements sans rapports charnels sont considérés comme des fautes par le juge. Toutefois, l’adultère reste difficile à prouver compte tenu de la possibilité de supprimer des messages sur les réseaux sociaux, sur les téléphones portables ainsi que sur les messageries électroniques par exemple. 

De plus, l’adultère n’est plus considéré comme une faute systématique et n’entraîne pas nécessairement  le divorce. Tout dépend de la gravité de la faute. Le juge peut aussi excuser un conjoint qui a commis une infidélité, si l’époux à l’initiative du divorce refuse de remplir les obligations liées au mariage ou à un comportement agressif vis-à-vis de son conjoint. Il est donc important de garder en mémoire que le divorce pour adultère, même s’il peut être prouvé, n’est pas toujours accepté par le juge qui analysera d’abord la situation du couple et les fautes éventuellement commises. Il peut même partager les torts entre les époux.

À savoir

Pratiquer le libertinage ne peut constituer une faute grave. L’époux étant autorisé par son conjoint à entretenir des relations extra-conjugales. 

Mais dans le cas où le juge reçoit la faute d’un conjoint, il est possible de la prouver par plusieurs moyens. 

Par quels moyens prouver l’adultère de mon conjoint ? 

L’article 259 du Code civil spécifie que l’adultère peut être établi par différentes preuves. Des aveux et preuves écrites, des sms, des relevés téléphoniques, des attestations et même un rapport rédigé par un détective privé. (article 259 du Code civil)

Les sms et courriers électroniques du conjoint

Vous avez le droit de regarder les messages reçus par votre conjoint sur son téléphone portable ou sur sa messagerie vocale et électronique, mais sans contrainte, sans violence, sans vol et sans fraude. Pour cela, il vous faut prendre des photos pour démontrer que son portable ou son ordinateur est régulièrement laissé à la portée de n’importe quel membre du foyer. Et donc, que ces preuves sont apparues sans que vous ne fassiez quoi que ce soit. 

Si le destinataire, l’heure et la date des sms ou de la photo sont visibles et prouvent la faute du conjoint, alors le juge peut accepter les preuves. Vous pouvez aussi faire appel à un huissier de justice afin qu’il établisse un constat avec le numéro de portable, le numéro de carte SIM, le numéro IMEI du téléphone de votre conjoint, ainsi que, du numéro de téléphone du destinataire et les faits qui prouvent l’infidélité. 

Cependant, ce type de procédé laisse supposer que votre conjoint ne verrouille pas son portable. Ce qui reste peu probable de nos jours.

L’agenda du conjoint

Il est aussi possible d’éplucher les incohérences dans l’agenda de votre conjoint, s’il en possède un. Ces preuves écrites doivent être apportées au juge qui les examine ensuite.

Le détective privé

Une autre méthode tout aussi efficace si vous avez peur de commettre des fraudes ou de passer à côté d’une preuve importante, consiste à faire appel à un détective privé. Il produit un rapport avec l’ensemble des éléments qui prouvent l’infidélité de votre conjoint. 

Les réseaux sociaux et les sites de rencontre

Vous pouvez aussi vous rendre sur internet et regarder les réseaux sociaux et éventuellement les sites de rencontres où est inscrit votre conjoint. Les captures d’écran des photos et des messages sont autorisées. La preuve d’une inscription sur un site de rencontre peut constituer le début d’une preuve d’adultère. 

Le constat d’huissier 

Les constats d’huissier sont admis sur autorisation du juge. Pour obtenir cette autorisation, vous devez apporter des preuves laissant présager l’infidélité de votre conjoint. Toutefois, ce procédé reste très peu utilisé. 

Enfin, il semble important d’ajouter que l’entourage du couple est autorisé à remplir des attestations pour y déposer leurs témoignages constatant l’adultère du conjoint. 

Les limites aux preuves d’adultère 

Il existe des limites aux preuves apportées par le conjoint dans le cadre d’un adultère. Les enfants ne peuvent jamais être entendus ou témoigner de l’adultère de l’un de leurs parents. Cette mesure vise à les protéger et à préserver leur sécurité, leur impartialité et éviter de détériorer le lien familial. 

De plus, comme évoqué dans cet article, les preuves sont recevables seulement si elles sont établies sans violence ou fraude. Dans le cas contraire, la preuve est irrecevable. Il n’est donc pas possible d’enregistrer une conversation sur une messagerie vocale, d’obtenir des documents normalement protégés par un mot de passe, d’installer des micros et des caméras dans le domicile conjugal. 

Ces faits prêtent à sourire mais ils constituent en droit une faute grave portant atteinte au devoir de respect de la vie privée de votre conjoint et peuvent même rendre intolérable le maintien de la vie commune. Le divorce pour faute peut alors être prononcé contre l’époux à l’initiative du divorce. Ainsi, “tous les moyens ne sont pas bons” dans le cadre d’un adultère et il est important de réfléchir à la recevabilité d’une preuve.

Même si les nouvelles technologies permettent d’effacer plus facilement des preuves, elles sont aussi efficaces dans la recherche d’information. Reste à espérer que votre conjoint laisse volontiers ses affaires, ses messages et ses photos à la vue de tout le monde et sans mot de passe. Si vous préférez prendre votre temps ou avez peur de commettre à votre tour une faute, préférez plutôt les méthodes dites “classiques” avec le détective privé et le constat d’huissier, à condition que les preuves soient indéniables et recevables.

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